Des silhouettes impeccables, une musique parfaitement synchronisée, des mannequins qui défilent comme si tout était d’une simplicité absolue… Et derrière ? Beaucoup de travail, quelques imprévus et une sacrée dose d’anticipation.
La Fashion Week, c’est un univers à part.
Des lieux incroyables, des équipes internationales, des créations parfois spectaculaires et cette atmosphère assez particulière où tout le monde court partout pendant que, paradoxalement, le résultat final doit sembler parfaitement naturel.
J’ai eu l’occasion de travailler sur plusieurs Fashion Weeks, avec deux casquettes différentes : Show Caller et régisseuse technique.
Et même si les missions sont différentes, elles ont un point commun : faire en sorte que tout fonctionne, même lorsque le planning décide de vivre sa propre vie.
Parce que oui, derrière un défilé de quelques minutes, il se passe énormément de choses.
Régisseuse technique : faire fonctionner la machine
Quand je travaille en régie technique, mon rôle est de coordonner les différents aspects techniques du défilé.
Son, lumière, vidéo, installations, contraintes du lieu, répétitions… Tout doit fonctionner ensemble.
Et la première chose à savoir, c’est qu’un lieu magnifique n’est pas nécessairement un lieu pratique.
Certains espaces sont absolument incroyables visuellement, mais nettement moins lorsqu’il faut y installer des équipements, faire circuler des équipes ou respecter des contraintes techniques.
C’est là que commence le jeu : trouver des solutions sans jamais perdre de vue le résultat artistique attendu.
Il faut anticiper, coordonner, s’adapter et parfois résoudre des problèmes que personne ne soupçonnera jamais.
Et c’est très bien comme ça.
Show Caller : quelques secondes peuvent tout changer
Le Show Calling, c’est encore une autre histoire.
Cette fois, je suis celle qui donne les tops et coordonne les différents moments du show à partir d’une conduite précise.
Sur un défilé, il faut notamment comprendre les déplacements des mannequins, les timings, les enchaînements et les intentions artistiques.
Le principe peut sembler simple : un mannequin entre, défile et sort.
Sauf qu’évidemment, ce serait beaucoup trop facile.
Il faut prendre en compte les parcours, les distances, les rythmes, les croisements et tous les éléments qui permettent au défilé de rester fluide.
Un départ trop tôt, quelques secondes de décalage ou un changement de dernière minute peuvent avoir des conséquences sur toute la suite.
C’est un travail de précision, mais aussi d’observation.
Et surtout, il faut garder la tête froide.
Même lorsque tout change cinq minutes avant le début.
Si vous vous demandez plus précisément en quoi consiste ce métier, je vous l’explique dans mon article Show Caller / Topeuse : c’est quoi ce métier du spectacle ?.
Les répétitions : le moment où la théorie rencontre la réalité
Sur le papier, tout est généralement très beau.
Les timings sont définis, les déplacements imaginés, les intentions artistiques validées.
Puis arrivent les répétitions.
Et là, on découvre parfois que ce qui fonctionnait parfaitement dans un document demande quelques ajustements dans la réalité.
Un parcours qui prend plus de temps que prévu, un enchaînement à revoir, un rythme à modifier…
C’est précisément pour cela que les répétitions sont indispensables.
Elles permettent de transformer une idée artistique en quelque chose qui fonctionne réellement, avec de vraies personnes, dans un véritable espace et avec toutes les contraintes que cela implique.
Et il faut accepter une chose : la conduite est un outil de travail vivant, pas un document gravé dans le marbre.
Heureusement, parce que sinon, je passerais probablement beaucoup moins de temps à la modifier !
Pour mieux comprendre cet outil indispensable, j’avais d’ailleurs consacré un article à mon conducteur de Show Caller, expliqué simplement.
Tout ce travail pour quelques minutes ?
Eh oui.
C’est d’ailleurs quelque chose qui surprend souvent les personnes extérieures à l’événementiel.
Un défilé peut durer quelques minutes seulement, alors que sa préparation mobilise des équipes pendant des jours, voire des semaines.
Et le jour J, tout doit paraître évident.
Le public ne voit pas les échanges radio, les ajustements, les vérifications ou les décisions prises en coulisses.
Il voit un spectacle fluide, une collection mise en valeur et une expérience parfaitement orchestrée.
C’est exactement l’objectif.
Dans nos métiers, une grande partie du travail consiste finalement à rendre invisible toute la complexité de ce qui se passe derrière.
C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et que j’avais déjà abordé dans Les métiers invisibles du spectacle.
Pourquoi je ne montre pas toujours les coulisses
On me demande parfois pourquoi je ne publie pas davantage de photos de mes événements.
La réponse est assez simple : la confidentialité fait partie de mon travail.
Dans l’univers de la mode, comme dans beaucoup d’autres secteurs de l’événementiel, certains projets sont soumis à des règles strictes.
Je ne peux donc pas toujours citer les marques pour lesquelles je travaille, montrer les installations ou partager des images prises pendant les préparations.
Et même lorsque j’ai très envie de raconter une expérience, ces engagements passent avant tout.
En revanche, lorsque les autorisations le permettent, je partage parfois quelques images ou anecdotes sur mon Instagram.
Pour le reste, certaines histoires restent dans les coulisses.
Et croyez-moi, il y aurait parfois de quoi écrire un livre !
Ce que j’aime dans cet univers
Ce qui me plaît dans la Fashion Week, ce n’est pas uniquement la mode ou le prestige qui peut entourer certains événements.
C’est surtout cette rencontre entre une vision artistique et une organisation extrêmement précise.
J’aime comprendre comment un show a été imaginé, participer à sa réalisation et trouver les solutions qui permettront de donner vie à cette intention.
J’aime aussi travailler avec des équipes venues d’horizons différents, découvrir d’autres méthodes et m’adapter à chaque nouveau projet.
Parce qu’aucun défilé ne ressemble vraiment au précédent.
Et même après plusieurs Fashion Weeks, il y a toujours quelque chose à apprendre.
Et quand les lumières s’éteignent…
Le dernier mannequin quitte le podium, la musique s’arrête, les applaudissements retentissent.
Quelques minutes plus tard, tout le monde est déjà passé à autre chose.
Pour le public, c’était un défilé.
Pour les équipes, c’était l’aboutissement de beaucoup de travail, de préparation, de coordination et parfois de quelques sueurs froides.
C’est aussi ce que j’aime dans l’événementiel : créer quelque chose d’éphémère, qui n’existera qu’une seule fois sous cette forme.
Et puis recommencer, ailleurs, avec une nouvelle équipe, un nouveau lieu et de nouveaux défis.
Bienvenue dans les coulisses.

Photographe, Régisseuse Spectacle, blogueuse, rêveuse et créative
On parle de voyages, de tatouages, de sorties... de tout ce qui me passionne
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