Lorsque les lumières s’éteignent, que la musique démarre et que le rideau se lève, tout paraît simple.
Les artistes arrivent au bon moment.
Les vidéos s’enchaînent parfaitement.
Les lumières suivent chaque note.
Les flammes surgissent au rythme de la musique.
Les drones dessinent des chorégraphies dans le ciel.
Le feu d’artifice illumine la nuit.
Pendant quelques heures, le public ne voit qu’une chose : l’émotion.
Et c’est exactement ce que nous recherchons.
Parce que si un spectacle semble fluide et naturel, c’est qu’une immense équipe a travaillé dans l’ombre pour le rendre possible.
Aujourd’hui, j’avais envie de vous emmener de l’autre côté du rideau.

Le calme avant la tempête. L’un de mes moments préférés
Un métier que l’on ne voit jamais
Lorsque je dis que je travaille dans le spectacle et l’événementiel, on me demande presque toujours :
« Mais tu fais quoi exactement ? »
La réponse n’est jamais simple.
Selon les projets, je peux être régisseuse générale, directrice de production, directrice technique ou show caller.
Parfois, je suis aussi artificière.
D’autres fois, je fais partie d’une équipe de vol sur un spectacle de drones.
Chaque événement est différent.
Chaque mission aussi.
Mais une chose ne change jamais : notre objectif est de faire en sorte que le public ne se pose jamais de questions.
Tout doit sembler évident.
Et lorsqu’un spectacle se déroule parfaitement, personne ne pense à la technique.
C’est probablement le plus beau compliment que l’on puisse recevoir.

Avant les applaudissements, il y a toujours des jours de préparation.
Je ne fais pas le spectacle
Il y a une idée que j’aimerais casser.
On imagine souvent que mon métier consiste à tout faire.
En réalité, ce n’est jamais le cas.
Lorsque je suis en régie ou au show calling, je suis avant tout le chef d’orchestre de personnes incroyablement talentueuses.
Je ne suis pas celle qui crée le spectacle.
Je suis celle qui permet à toutes ces expertises de travailler ensemble.
Les techniciens lumière sculptent les ambiances.
Les ingénieurs du son donnent vie à chaque note.
Les équipes vidéo habillent les écrans.
Les machinistes déplacent les décors dans l’ombre.
Les riggers travaillent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
Les équipes SFX déclenchent les flammes, les fumées, les confettis et tous ces effets qui font vibrer un public.
Les artificiers transforment le ciel en tableau vivant.
Les équipes drones synchronisent parfois des centaines d’appareils avec une précision incroyable.
Les décorateurs, les costumiers, les assistants de production, les chauffeurs, les logisticiens, les équipes de sécurité… chacun possède un savoir-faire unique.
Mon rôle est de coordonner tout ce monde.
D’anticiper.
De communiquer.
De faire circuler les bonnes informations au bon moment.
Et lorsque je change de casquette pour devenir moi-même artificière ou intégrer une équipe drones, je redeviens simplement une pièce de cette immense mécanique.
C’est ce que j’aime profondément dans ce métier.
On change parfois de rôle.
Mais jamais de philosophie.
Un spectacle n’est jamais la réussite d’une seule personne.
C’est toujours celle d’une équipe.

Quand les lumières s’allument et que le public profite du spectacle, des dizaines de professionnels continuent à travailler dans l’ombre. C’est cette équipe qui rend la magie possible.
Des semaines de préparation pour quelques heures
Le public découvre un spectacle lorsque les portes ouvrent.
Pour nous, l’aventure a commencé bien avant.
Il y a les réunions.
Les repérages.
Les plans techniques.
Les implantations.
Les conduites.
Les répétitions.
Les essais.
Les ajustements.
Les changements de dernière minute.
Des semaines de travail pour quelques heures seulement.
Et pourtant, personne ne compterait toutes ces heures.
Parce que ce qui compte, c’est le résultat.
Les dernières minutes avant l’ouverture
C’est probablement mon moment préféré.
Quelques minutes avant l’arrivée du public, l’atmosphère change complètement.
Les talkies crépitent.
Les derniers contrôles sont effectués.
Les équipes rejoignent leur poste.
Chacun sait exactement ce qu’il a à faire.
Puis arrive ce silence si particulier.
Quelques secondes suspendues.
Le genre de silence qui précède toujours quelque chose d’important.
Puis une phrase.
« Top ouverture. »
À partir de cet instant, le spectacle ne nous appartient plus.
Il appartient au public.
Les imprévus font partie du métier
Contrairement à ce que l’on imagine, aucun spectacle ne se déroule exactement comme prévu.
Une météo capricieuse.
Un artiste qui prend quelques secondes de retard.
Un problème technique.
Une modification de dernière minute.
Notre métier consiste justement à absorber ces imprévus.
À trouver une solution.
À rester calme.
À continuer.
Le plus beau compliment est souvent celui-ci :
« Je n’ai rien remarqué. »
Parce que cela signifie que toute l’équipe a parfaitement fait son travail.

Pourquoi j’aime autant ce métier
J’aime cette adrénaline.
J’aime la confiance qui existe entre les équipes.
J’aime savoir que chacun peut compter sur les autres.
J’aime cette solidarité que l’on ne retrouve que dans les coulisses.
Mais surtout…
J’aime ce moment où les lumières s’éteignent.
Celui où les premiers applaudissements résonnent.
Celui où je regarde autour de moi et où je vois des dizaines de professionnels sourire discrètement.
À cet instant, personne ne pense aux équipes techniques.
Personne ne pense à la régie.
Personne ne pense à la production.
Et c’est très bien ainsi.
Parce que notre mission est justement de disparaître derrière le spectacle.
Derrière chaque spectacle…
La prochaine fois que vous assisterez à un concert, une cérémonie, un spectacle ou un grand événement, prenez quelques secondes pour regarder autrement.
Derrière chaque lumière.
Chaque écran.
Chaque effet spécial.
Chaque drone.
Chaque feu d’artifice.
Chaque changement de décor.
Chaque artiste qui entre en scène.
Il y a des femmes et des hommes passionnés qui travaillent souvent dans l’ombre.
Si cet article peut leur rendre un peu de la lumière qu’ils méritent, alors il aura atteint son objectif.
Parce que derrière chaque spectacle réussi, il n’y a jamais une seule personne.
Il y a une équipe.
Et je suis fière, chaque fois que j’en ai l’occasion, d’être le chef d’orchestre de ces équipes extraordinaires… ou simplement l’un de leurs musiciens.
Car au fond, peu importe la casquette que je porte ce jour-là.
Ce qui compte, c’est l’émotion que nous offrons ensemble au public.

Pendant que le public attend le lever de rideau, tout se joue déjà derrière un casque.
C’est aussi pour raconter ces coulisses, ces voyages et toutes les histoires qui se cachent derrière mon métier que j’ai décidé de faire revivre InkedGeek.
Photographe, Régisseuse Spectacle, blogueuse, rêveuse et créative
On parle de voyages, de tatouages, de sorties... de tout ce qui me passionne
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