Il y a des silences auxquels on ne s’habitue jamais vraiment.
Quand Athéna est partie en novembre dernier, la maison est devenue étrangement calme. Plus de bruit de pattes sur le parquet. Plus de soupir en se couchant à côté de moi pendant que je travaillais. Plus de regard insistant pour me rappeler qu’il était l’heure de la promenade.
On dit souvent que ce sont les grandes choses qui nous manquent.
Je crois que ce sont surtout les toutes petites.
Celles auxquelles on ne prêtait même plus attention.
Plus de douze ans de vie ensemble
Athéna a partagé une grande partie de ma vie.
Elle a connu plusieurs maisons, plusieurs périodes de ma vie, des joies, des moments plus difficiles, des projets, des voyages… Elle était là, simplement. Et m’a sauvé la vie a plusieurs reprises…
Quand on vit plus de douze ans avec un chien, il finit par faire partie du décor. Pas au sens où on l’oublie, mais parce qu’on ne s’imagine plus vivre autrement.
Et puis, un jour, tout change.
On continue à ouvrir la porte en s’attendant presque à la voir arriver.
On évite encore certains gestes par habitude.
On réalise que le vide peut être incroyablement bruyant.
Je n’étais pas la seule à perdre quelqu’un
Il y a une autre présence dans la maison.
Nyx.
On parle souvent du deuil des humains, beaucoup moins de celui des animaux.
Pendant plusieurs jours, elle a cherché Athéna.
Elle allait dans les pièces où elles avaient l’habitude de se retrouver. Elle semblait attendre quelque chose. Ou quelqu’un.
Peut-être que je projette une partie de mes émotions sur elle.
Peut-être pas.
Mais je suis convaincue qu’elle aussi a ressenti ce changement.
Aujourd’hui encore, il m’arrive de penser que, si un jour un nouveau chien rejoint notre famille, ce ne sera pas seulement pour moi.
Ce sera aussi pour redonner une présence, une vie, un équilibre différent à cette maison qui a longtemps réuni deux complices.
J’ai aussi peur de quelque chose de très simple : que la magie ne se reproduise pas. Athéna et Nyx avaient construit leur propre équilibre, leur propre langage, leur propre complicité. Je sais qu’on ne peut pas demander à un nouvel animal de recréer une histoire qui ne lui appartient pas. Pourtant, il m’arrive de me demander si un jour je reverrai deux silhouettes dormir côte à côte ou jouer ensemble comme elles le faisaient.

Elles ne se sont jamais choisies… et pourtant, elles sont devenues inséparables.
Pendant longtemps, c’était impossible
Après son départ, je ne voulais pas entendre parler d’un autre chien.
Même regarder une photo de chiot me mettait mal à l’aise.
J’avais l’impression que cela reviendrait à remplacer Athéna.
Et cette idée me paraissait insupportable.
Je sais aujourd’hui que beaucoup de personnes ressentent cette culpabilité.
Comme si ouvrir son cœur à un nouvel animal signifiait fermer la porte aux souvenirs du précédent.
Puis quelque chose a changé
Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai commencé à regarder.
Au début, presque par curiosité.
Puis un peu plus souvent.
Je me suis surprise à visiter les sites d’élevages.
À lire des portées.
À imaginer une petite Labrador noire courir dans le jardin.
Je ne m’étais pas rendu compte que cette simple démarche représentait déjà une immense étape.
Pourquoi un Labrador ?
Parce que je connais cette race.
Parce que j’aime sa douceur, sa loyauté, son équilibre.
Parce que vivre plus de douze ans avec Athéna m’a fait tomber amoureuse du Labrador.
J’ai regardé d’autres races.
Mais je reviens toujours au même point.
Toujours au Labrador.
Toujours à une femelle noire.
Ce ne sera jamais un remplacement
C’est probablement la phrase la plus importante de cet article.
Je ne cherche pas une nouvelle Athéna.
Ce serait impossible.
Chaque chien est unique.
Chaque relation l’est aussi.
Si un jour une petite Labrador rejoint notre famille, elle n’aura pas à être comme Athéna.
Elle aura son propre caractère.
Ses propres habitudes.
Ses propres bêtises.
Et j’apprendrai à l’aimer pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’elle représente.
Aujourd’hui, je prends mon temps
Je ne sais pas encore quand cela arrivera.
Peut-être dans quelques semaines.
Peut-être dans plusieurs mois.
Je visite des élevages.
Je pose des questions.
Je réfléchis beaucoup.
Et surtout, j’écoute ce que je ressens.
Parce que je crois qu’on ne décide pas d’accueillir un animal uniquement avec sa tête.
On le décide aussi avec son cœur.
Une nouvelle histoire n’efface jamais la précédente
Pendant longtemps, je pensais qu’aimer un autre chien serait une manière de tourner la page.
Aujourd’hui, je crois exactement l’inverse.
Si je suis capable d’envisager cette nouvelle aventure, c’est justement grâce à Athéna.
Elle m’a montré tout ce qu’un chien pouvait apporter à une vie.
Elle m’a appris qu’un lien aussi fort existe.
Et elle m’a laissé des souvenirs que rien ni personne ne pourra remplacer.
Alors peut-être qu’un jour, une petite Labrador noire franchira la porte de la maison.
On dit souvent que le temps apaise les blessures.
Je ne sais pas si c’est vrai.
Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il m’a appris qu’on pouvait continuer à aimer sans oublier.
Athéna ne sera jamais remplacée.
Son empreinte est partout dans cette maison.
Et depuis quelques mois, elle est aussi tatouée sur ma peau.
Parce que certaines histoires ne se terminent jamais vraiment.
Elles continuent simplement d’une autre manière.

Deux regards, deux personnalités… une même famille.
Photographe, Régisseuse Spectacle, blogueuse, rêveuse et créative
On parle de voyages, de tatouages, de sorties... de tout ce qui me passionne
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